La meilleure façon de prédire le futur est de le créer…

Ce billet m’a été inspiré par une récente émission de la RTBF, sur la connaissance du néerlandais en Wallonie, où le Ministre Régional de l’Enseignement constatait n’avoir aucun moyen de développer d’avantage les programmes d’immersion linguistiques, malgré leurs excellents résultats.

Et c’est là que je me demande si l’on veut vraiment donner un avenir à l’enseignement! Le Ministre constate que ses moyens sont limités, et de fait, il ne bénéficie pas d’une enveloppe infinie. D’autre part, les études montrent que l’enseignement en Wallonie n’est pas sous-financé par rapport aux pays européens affichant de meilleurs résultats.

Mais si l’on pousse la réflexion un peu plus loin, la Wallonie - et la Belgique au sens large - dispose d’un réservoir considérable d’enseignants potentiels. Je parle ici des plus de 50 ans, que le milieu de l’entreprise rejette souvent - à tort! - et qui souhaitent toujours rester actifs.

Bien souvent l’État les paie quoi qu’il en soit via les pré-pensions, donc pour quelques euros de plus, nous pourrions très bien demander à ces personnes riches en expérience, d’enseigner. Cela permettrait d’avoir de plus petites classes, donc plus de suivi pour les élèves, et il n’est pas non plus inenvisageable de voir ces mêmes seniors enseigner leur langue maternelle à l’autre communauté, le tout sans que cela coûte forcément plus cher au contribuable.

De même, dans l’enseignement supérieur, on pourrait sans mal utiliser les compétences d’anciens cadres pour aider les étudiants à mieux se préparer au monde de l’entreprise, ainsi qu’à entreprendre, tout simplement. Je suis souvent effrayé par l’académisme des formations universitaires, alors qu’environ 1% seulement des étudiants diplômés se lanceront dans la carrière académique…

À l’heure où l’avenir d’un pays comme le nôtre passe par le développement de compétences fortes, donc par un ensiegnement de qualité, utiliser l’expérience acquise semble un excellent moyen de dynamiser ce même enseignement, et ce à moindre coût. Encore faut-il le vouloir…

6 commentaires

  1. Ø on mars 30, 2009 1:46

    La vraie question serait plutôt est-il nécessaire de dépenser des fortunes dans l’apprentissage d’une langue parlée par 25.000.000 de locuteurs (en comptant large)

    La mission de notre enseignement ne serait-il pas d’abord de favoriser l’enseignement du français afin que les francophones puissent manier convenablement leur langue maternelle.

    En,suite, lorsque cet apprentissage est en bonne voie, se tourner vers des langues telles l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le russe ou le chinois.

    L’apprentissage du flamand n’est concevable que dans le contexte belgo-belge.
    Il n’est même pas nécessaire de parler le néerlandais pour converser avec nos voisins bataves.

  2. JF on mars 30, 2009 6:48

    Je te suis tout à fait concernant ta remarque sur le Français. Par contre pour le néerlandais, je trouve la taille de l’audience une non-vérité.

    1- A ce compte la, liquidons les bulgares, hongrois, croates, lituaniens, portugais, et autres…
    2- Pour des raisons historiques, nous vivons toujours en Belgique. De ce fait, je trouve d’une part ridiculement affligeant qu’une moitié du pays (quelle qu’elle soie) ne puissent facilement parler à l’autre dans sa langue; et d’autre part, bien des carrières internationales commencent en Belgique, où le bilinguisme reste d’application pour démarrer.

    Ok, par après, l’anglais devient plus important, mais au moins pour démarrer, le néerlandais est presque toujours un must…

    Quant aux bataves, je re-converserai avec eux quand ils auront accepté - et payés - les 16 milliards qu’ils doivent pour Fortis. Sale race! ;-)

  3. Ø on mars 30, 2009 7:06

    Jusqu’à preuve du contraire, les Flamands affirment vivre en Flandre et pas en Belgique.

    C’est assez schizophrénique d’exiger la connaissance du flamand par les francophone au nom de la Belgique commune et dans le même temps en demander la disparition (disparition qui ne sera effective que si les Wallons l’organisent, les Flamands schizophréniques ne le feront jamais conscients qu’ils sont de la perte financière que cela leur apportera).

    Donc prenons les au mot.
    Plus de Belgique (si ce n’est de pure convenance pour eux) plus de nécessité de connaitre l’autre langue.

    Je n’ai jamais dit qu’il fallait liquider quelque langue que ce soit. Je doute cependant que vous décidiez d’apprendre le hongrois, le bulgare, le finnois, le serbe, le croate, le danois, le norvégiens ou le suédois. Il s’agit pourtant de langues européennes que vous aurez de plus en plus d’occasion de rencontrer. Vous ne les apprendrez pas car le cout-bénéfice est extrêmement mince.
    Et bien il en est de même avec le flamand, à moins que vous ne vouliez rester dans un cadre purement belgo-belge.

  4. JF on mars 30, 2009 7:09

    Le politique Flamand, pour vivre a la frontiere linguistique, le peuple, je ne suis vraiment pas convaincu…
    Et même en cas de séparation, le tissus d’entreprises restera peu ou prou le même, donc dans ce cas, on en a encore pour 2-3 générations avant de pouvoir s’abstenir de ce choix.

    Au fait, mon article ne visait pas en particulier cette connaissance linguistique, c’est un ricochet, le sujet principal, c’est bien d’augmenter le corps enseignant via des quinquas volontaires et impliqués. Puisons dans cette manne de compétences et d’expérience.

  5. Pattacini on mars 30, 2009 7:51

    Suis pas super emballé à l’idée d’essayer de torturer ma gorge en essayant de prononcer quelques mots en néerlandais… à l’heure de l’Europe, regardons plus loin et il est réaliste de constater qu’à l’extérieur de notre petite Belgique, cette langue ne s’exporte pratiquement pas. Et les affaires internationales sont réglées en anglais.
    Mais tu as raison, ça n’est pas le sujet de ton article…
    Moi, je suis plutôt pour le fait d’incorporer des “pré-pensionnés” dans le corps enseignant mais il ne faudrait pas qu’ils prennent la place des jeunes diplômés et surtout qu’on ne les y oblige pas !! L’idée est bonne mais il faudrait quand même laisser le choix aux pré-pensionnés. Et fiscalement, des arrangements seraient à prévoir.
    De tous temps, nous avons appris de nos anciens… c’est comme ça que le savoir s’est transmis de génération en génération.
    Une bonne idée à creuser… mesdames et messieurs les politiques, êtes-vous à l’écoute de votre peuple ??

  6. JF on mars 30, 2009 8:05

    @ Fabian : tu te souviens quand tu cherchais un job, je me souviens t’avoir entendu pester qque fois car ils demandaient un bilingue… :-) T’as raison sur le fond, mais tout - ou bcp - commence dans notre vieille Belgique :-)

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