Même si nos hommes politiques en campagne le nient toujours, il ne reste plus beaucoup de volontaires pour défendre la revente illico-presto de Fortis à BNP Paribas; et surtout pour défendre le prix de vente et les conditions assorties.
Il en faut bien sûr beaucoup plus pour déstabiliser un Didier Reynders dont l’arrogance commence à lasser - il faudrait peut être lui souffler que les grand hommes reconnaissent aussi leurs erreurs - qui continue, comme si de rien n’était à défendre bec et ongle une mauvaise affaire.
De procès en déclarations publiques, le gouvernement se retrouve dans les cordes. La nomination d’un collège d’experts devait aider à y voir plus clair, au mieux, et à apaiser la vindicte populaire, au pire, mais voilà que ces mêmes experts, hier adulés et plébiscités, se retrouvent aujourd’hui en bien mauvaise posture médiatique.
Du côté du 16, rue de la Loi, on entend qu’ils ont travaillés trop vite - un comble! - et surtout que leur avis ne plait guère. Pensez donc, remettre à sa juste place la séparation des pouvoirs, quelle audace, quelle impudence!
Sommes-nous toujours dans un État de droits, démocratique, ou avons-nous inconsciemment basculé dans une saine dictature? La population Belge est en droit de se le demander.
Ce 11 février, l’AG de Fortis risque fort bien d’être - au minimum - houleuse et rien de porte à croire que le pseudo meilleur deal négocié par nos élus va réussir à gruger convaincre la majorité des votants - Ping An, le plus gros actionnaire - en tête!
Comment se dire qu’une Banque [BNP] qui se porte beaucoup moins bien que le 14 octobre, possède moins de liquidités, rencontre un accès au crédi et au pret personnel plus difficile vu le contexte macro-économique, va pouvoir offrir une perspective meilleure aux actionnaires, employés et clients de Fortis, qu’un statut quo? Bien malin qui peut le dire!
Ne semble-t-il pas plus sain pour tout le monde (et de nouveau : actionnaires, employés, clients) de garder Fortis dans le giron de l’État, de l’assainir et de le revendre à un prix plus en rapport avec sa valeur intrinsèque d’ici 3 à 5 ans, avec en corollaire un bénéfice substantiel, dont le budget de l’État serait le grand bénéficiaire? C’est du long terme, forcément; et une législature seulement 4 ans…
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