Nul ne sera surpris par l’information, telle que relayée par - entre autres - Damien Van Achter sur la RTBF et TechCrunch, en 2008, le web a dépassé la presse écrite comme source d’information, selon une étude américaine du Pew Research Center.
De là se pose évidemment le problème du modèle économique de la presse papier. Les encarts publicitaires dans les journaux coûtent - très - cher, alors que leur audience est en chute libre. Par ailleurs, les sites web - même payants - restent démocratiques et ne génèrent que fort peu de revenus publicitaires comparés aux journaux.
Et que voit-on? Eh bien rien, ou pas grand chose. On assiste à quelques fusions/acquisitions histoire de développer quelques synergies au niveau des coûts, ou encore à des tentatives de développer le web en réplica électronique d’un journal papier, mais ce ne sont que des mesures ou essais court terme, qui sont aussi vains qu’éphémères.
Pire, sur l’autel de la sacro-sainte économie des coûts, certains journaux deviennent presque de simple relais de dépêches, et font du journalisme à moindre coût, se privant dès lors de leurs meilleures plumes; car si vous payez des cacahouètes, vous n’engagerez que des singes, comme dit le dicton.
Messieurs, vous êtes en face d’un Tsunami : jeter quelques sacs de sable n’y changera rien! La société d’aujourd’hui - qu’on l’aime ou pas - vit à la vitesse de la lumière ou plutôt du Megabit. Dernier exemple en date, la frénésie Twitter/Blog/Facebook/… suite au décès de Leï Clijsters. Le monde savait, analysait, discutait, diffusait avant qu’aucun journal papier n’ait pu imprimer la moindre ligne! Edifiant.
Et pourtant, nous sommes bien dans la société dite de l’information, et de fait, de l’information, il en pleut, de partout. À un tel point que la plus grande qualité à développer aujourd’hui, c’est bien le sens critique, car trop d’information, ça en devient de la désinformation.
Mais au lieu de se réinventer, notre bonne vieille presse écrite [New York Times, Figaro, DH, ...], s’accroche, s’arc-boute, se défend. Et ce sera en vain…
Deux exemples pour illustrer ce propos :
- L’industrie du disque a tout fait pour tuer la musique digitale, partagée. Résultat : Apple a pris la part du Lion dans le désormais juteux marché de la musique digitale légale. Mais Apple n’avait pas de passé dans l’industrie du disque. Ils partaient d’une feuille blanche, sans historique et sans racines qui étaient devenus des freins plutôt que des atouts.
- Il y a quelques années, lors d’une rencontre avec Didier Bellens, à l’époque encore “nouveau” patron de Belgacom, je fus surpris de le voir me confier que la ligne fixe, pour lui, était morte et enterrée. De nouveau, parti d’une feuille blanche, ou quasi, il se lance dans la télévision digitale, faisant fi des quolibets, mais aujourd’hui, les concurrents ont fini de rire en en parlant!
C’est pour moi tout ce dont la presse écrite a besoin. Pour le dire franchement: une vision et des couilles pour la réaliser… Une vision qui repartirait de l’essentiel : le lecteur, ses besoins, ses comportement et comment y répondre dans les 20 prochaines années…et pas avec des recettes d’un autre temps…
Qui relèvera le défi, avant qu’il ne soit trop tard?
Les futurs gagnants ?
- L’agrégation automatique comme Google News
- Le journalisme de lien comme aaaliens
Sais pas, car il faut tout de même un modèle économique derrière… Et puis, moi ce qui me plait, ce sont les analyses, pas les dépêches…
[...] Le Billet de JF Remy [...]
[...] synthèse bien balancé (et qui reprend par ailleurs des constats tirés ici mais aussi ici, ici, ici et là ), je découvre le dernier article publié sur le blog du magazine XXI, qui fête sa [...]